Quand l’amour et l’amitié dépassent les frontières : le lien entre le Japon et Taïwan

Le Japon et Taïwan n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles, notamment en raison de la position de la Chine.

Mais saviez-vous qu’en dépit de cette absence de relations diplomatiques, un lien particulièrement fort unit les deux peuples, fait d’amitié, de solidarité et d’une profonde affection ?

1999 : lorsque le Japon vole au secours de Taïwan

Le 21 septembre 1999, Taïwan est frappé par un puissant séisme.

Des quartiers entiers sont dévastés et de nombreuses personnes se retrouvent piégées sous les décombres.

Plus de 80 000 bâtiments sont détruits ou gravement endommagés.

Dans le chaos, il devient impossible de savoir qui a survécu et qui a péri. Pour certaines familles, il est même impossible de récupérer les corps de leurs proches ensevelis sous les ruines.

Lorsqu’il est question de séismes, le Japon possède une expérience considérable.

Les équipes japonaises de secours sont réputées pour leur expertise en matière d’intervention après les catastrophes naturelles.

À peine le séisme survenu, le Japon commence à mobiliser ses équipes de secours. Seize heures seulement après la catastrophe, les premiers membres de l’équipe japonaise arrivent à Taïwan.

Dans les heures qui suivent, d’autres renforts les rejoignent.

Au total, 145 personnes participent aux opérations. Parmi elles se trouvent non seulement des membres des Forces japonaises d’autodéfense, mais également des pompiers, des policiers et des représentants des garde-côtes japonais.

Des équipes de secours venues de nombreux pays se rendent elles aussi à Taïwan.

Mais le comportement de l’équipe japonaise marque particulièrement les esprits.

Lorsqu’il existe encore une chance de retrouver des survivants sous les décombres, chaque minute compte.

Les secouristes japonais travaillent donc presque sans interruption, mobilisés à la recherche de personnes encore en vie.

Lorsqu’ils retrouvent finalement des victimes dans les ruines, ils les extraient avec le plus grand respect.

Ils recouvrent les corps d’une couverture, puis observent tous ensemble une minute de silence.

Des Taïwanais présents sur place sont témoins de ces gestes.

Le souvenir de cette intervention restera profondément ancré dans la mémoire collective. Une série de tickets commémoratifs taïwanais représentera même les équipes japonaises au travail dans les décombres.

2011 : Taïwan n’oublie pas

Douze ans plus tard, le 11 mars 2011, c’est au tour du Japon d’être frappé par une catastrophe d’une ampleur exceptionnelle.

Un puissant séisme suivi d’un tsunami dévaste le nord-est du pays.

Le Japon connaît les tremblements de terre, mais cette catastrophe dépasse tout ce que le pays avait connu jusque-là.

À Taïwan, la nouvelle est immédiatement suivie d’une mobilisation.

Des équipes de secours sont préparées et doivent partir pour le Japon dès le jour même.

Mais la situation est si chaotique sur place que les autorités japonaises demandent aux secouristes taïwanais de patienter.

Ils se tiennent pourtant prêts.

Après deux jours d’attente, ils obtiennent finalement l’autorisation d’entrer sur le territoire japonais.

Une fois sur place, ils se mettent immédiatement au travail.

Pour eux, il ne s’agit pas simplement de venir en aide à un pays frappé par une catastrophe.

C’est une manière de dire :

« Nous voulons rendre au Japon ce qu’il a fait pour nous. »

Ils donnent alors toute leur énergie aux opérations de secours.

Mais la solidarité taïwanaise ne s’arrête pas là.

À Taïwan, une émission caritative est organisée afin de récolter des dons en faveur des victimes japonaises.

En seulement trois heures de diffusion, quelque 3,3 milliards de yens sont réunis.

Et les dons continuent d’affluer après l’émission.

Au total, la solidarité taïwanaise atteint environ 26,3 milliards de yens.

De nombreux pays ont apporté leur soutien au Japon après la catastrophe, mais Taïwan figure parmi ceux qui ont mobilisé les sommes les plus importantes.

Rapporté à sa population — environ 23 millions d’habitants à l’époque — cet élan de solidarité est particulièrement remarquable.

Une amitié qui ne s’est jamais démentie

Depuis, les liens entre Taïwan et le Japon continuent de se renforcer.

En 2021, lorsque la Chine suspend les importations d’ananas taïwanais, privant Taïwan d’une grande partie de ses débouchés à l’exportation, les consommateurs japonais se mobilisent massivement pour acheter ces fruits.

Un geste simple, mais hautement symbolique.

Plus récemment, alors que l’arrivée au pouvoir de Sanae Takaichi suscite au Japon l’espoir d’un nouveau départ politique, Taïwan célèbre également cet événement à travers différentes manifestations publiques.

Deux peuples qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles.

Deux pays séparés par des réalités politiques complexes.

Et pourtant, entre eux existe quelque chose que les frontières et les relations diplomatiques ne suffisent pas à définir.

Lorsque l’autre est en difficulté, êtes-vous prêt à lui tendre la main ?

Cette question vaut pour les relations entre les États, mais aussi pour les relations humaines.

Car lorsque vient le moment d’aider, l’amitié véritable ne demande pas de passeport.

ABE KENGO

Traduction : LINALE-WATAYA Julika

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