L’ombre de la société moderne… ou une planche de salut ? Connaissez-vous les « boîtes à bébés » ?

Des bébés issus de grossesses non désirées naissent dans tous les pays du monde.
Des enfants que l’on n’a pas pu — ou pas voulu — avorter, et qui viennent au monde sans être attendus.

Il n’existe sans doute rien de plus tragique.

C’est pour sauver ces vies qu’est né le dispositif appelé « boîte à bébés ».
Un système créé avec une intention profondément humanitaire : protéger la vie.
Mais cette même intention pourrait-elle, paradoxalement, encourager l’abandon et l’irresponsabilité parentale ?

Les boîtes à bébés, possibles sauveuses ou nouvelle zone d’ombre de la société moderne : qu’en pensez-vous ?

 

Qu’est-ce qu’une boîte à bébés ?

Une boîte à bébés est un dispositif permettant de déposer un nourrisson de manière anonyme. On en trouve non seulement au Japon, mais aussi dans une dizaine de pays, dont l’Allemagne, les États-Unis, le Pakistan, l’Afrique du Sud ou encore la Corée du Sud.

 

Elles sont généralement installées dans l’enceinte d’hôpitaux capables de prendre en charge des nouveau-nés. Dès qu’un bébé y est déposé, le personnel médical est alerté. L’enfant reçoit immédiatement un examen de santé, puis est confié à une structure de protection de l’enfance.

Si une famille d’accueil est trouvée, il rejoint un nouveau foyer. Dans le cas contraire, il grandit en orphelinat.

 

Une protection nécessaire… face au pire

Les bébés nés de grossesses non désirées sont particulièrement exposés aux pires scénarios : abandon, maltraitance, voire mise à mort. Dans cette perspective, la boîte à bébés apparaît comme une mesure juste et indispensable pour protéger les enfants.

Au Japon, entre 2009 et 2020, 1694 nourrissons ont été recueillis grâce à ce dispositif.
Durant toute cette période, une seule boîte à bébés existait dans le pays, installée dans un hôpital de la préfecture de Kumamoto. Pour de nombreuses personnes vivant loin de cette région, l’accès était donc quasi impossible.
Faut-il alors multiplier ces installations à travers tout le pays ? Le débat dure depuis des années.

 

Le risque d’une banalisation de l’abandon

Diffuser ce système pour sauver davantage de vies est une intention louable. Mais créer un environnement où il devient facile d’abandonner un bébé n’entraîne-t-il pas un glissement dangereux vers une dévalorisation de la vie ? Les parents qui déposent un enfant restent anonymes. Aucune sanction ne peut donc être appliquée.
Cette facilité ne pose-t-elle pas problème ? Suis-je le seul à trouver cela trop simple, trop accessible ?

 

Le regard d’un parent

J’ai moi-même une fille de 24 ans. En repensant à ces années, je me souviens de nombreuses épreuves. Mais c’est précisément en surmontant ces difficultés que l’amour pour un enfant se construit. Un enfant n’écoute pas toujours. Un nourrisson pleure sans que l’on comprenne ce qu’il veut. L’irritation est humaine.
Mais c’est aussi cela, être parent.

Alors, que se passerait-il si, dans un moment de fatigue ou de colère, une boîte à bébés se trouvait juste à côté ?

 

Sauver la vie, sans créer l’irresponsabilité

Protéger la vie des nourrissons est une priorité absolue. Mais cela pourrait, en parallèle, conduire à une multiplication de parents irresponsables. Aujourd’hui, aucun pays n’a encore trouvé la solution idéale :
préserver la vie des bébés tout en empêchant les grossesses non désirées.

Les boîtes à bébés incarnent une forme de justice. Mais elles sont aussi une zone d’ombre. Celui ou celle qui parviendra à prévenir les récidives tout en protégeant les enfants pourrait, au sens propre, contribuer à sauver le monde.

 

Les bébés sont des concentrés d’espoir et de possibilités.
Construisons une société où chaque enfant est entouré d’amour et peut grandir en bonne santé.

 

ABE KENGO

Traduction: LINALE-WATAYA Julika

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