Le Japon que Steve Jobs aimait. Quel est le pouvoir d’attraction qui a captivé l’un des plus grands dirigeants de l’histoire ?
Steve Jobs, fondateur d’Apple, est une figure que nul n’ignore.
L’homme qui revint à la tête d’une entreprise au bord de la faillite et la transforma, en à peine quinze ans, en la société à la plus forte capitalisation boursière au monde.
Mais au-delà de son génie entrepreneurial, Jobs était aussi connu pour une autre passion : son amour profond pour le Japon.
Qu’est-ce qui, dans ce pays, a su toucher un dirigeant de stature mondiale ?
En retraçant ce lien singulier, peut-être découvrirons-nous aussi une clé menant au succès.
À la recherche de soi
Dès son plus jeune âge, Steve Jobs fut habité par une question fondamentale : qui suis-je réellement ? Animé par cette quête intérieure, il partit en Inde dans sa jeunesse afin d’y suivre un cheminement spirituel.
C’est cependant au Japon qu’il fit une rencontre décisive : le zen. Le zen est une discipline qui invite à apaiser l’esprit, à se tourner vers l’intérieur et à se découvrir soi-même.
Jobs rencontra alors un moine bouddhiste japonais, Otogawa. Il plaça en lui une confiance telle qu’il le considéra comme son maître et alla jusqu’à le nommer conseiller de son entreprise.
À un moment de sa vie, Jobs envisagea même de tout quitter pour devenir moine dans un temple japonais. Mais on lui dit alors : « Tu as encore des choses à accomplir. »
Il renonça à la voie monastique.
De ce choix naîtra, quelques années plus tard, l’iPhone.
Une admiration profonde pour SONY
Steve Jobs fit également la connaissance d’Akio Morita, cofondateur de SONY.
Un détail le frappa immédiatement : Morita portait les mêmes vêtements que les ouvriers de son usine. Intrigué, Jobs l’interrogea. Morita lui répondit simplement :
« Après la guerre, nous n’avions pas les moyens d’acheter des vêtements. L’entreprise devait en fournir à tous. Cette habitude est restée. »
Cette rencontre influença durablement Jobs.
Il adopta dès lors sa tenue devenue emblématique : un jean et un col roulé noir.
Ce col roulé, signé par le créateur japonais Issey Miyake, s’inspirait directement des uniformes des employés de SONY.
Jobs admirait tant cette entreprise que, lorsqu’il construisit de nouvelles usines, il prit celles de SONY comme modèle.
Fasciné par l’excellence artisanale japonaise
Jobs était réputé pour son exigence extrême.
Il aurait mis sept ans à choisir le canapé de son salon, et passé des mois à débattre quotidiennement avant de sélectionner une machine à laver.
Vous souvenez-vous de l’iPod, ce lecteur de musique aujourd’hui emblématique ? Les premiers modèles possédaient un dos en acier inoxydable. Obsédé par la perfection esthétique, Jobs confia le polissage de chaque pièce à des artisans japonais avant la commercialisation.
S’il révolutionna l’industrie musicale avec Apple, Jobs rappelait souvent que ses fondations reposaient sur une invention japonaise : le Walkman de SONY.
En 2000, Apple lança également un iMac d’un blanc immaculé. À l’époque, un tel design était une audace. Cette couleur et cette sobriété furent pensées pour s’harmoniser avec les intérieurs japonais traditionnels, les washitsu.
L’amour de la cuisine japonaise
Bien que végétarien, Steve Jobs faisait une exception pour la cuisine japonaise.
Il adorait les sushis et les sashimis. Il lui arrivait même de commander à emporter dans des établissements japonais réputés, normalement impossibles à réserver, et de venir chercher lui-même sa commande, le visage illuminé d’un sourire.
En 2011, alors que son cancer progressait et que l’appétit le quittait, Jobs commanda des sushis dans son restaurant japonais préféré de la Silicon Valley. Il tenta de manger, avec acharnement, mais n’y parvint pas. On raconte qu’il resta là, silencieux, à contempler les sushis avec tristesse.
En octobre 2011, Steve Jobs s’éteignit, laissant le monde en deuil.
À sa demande, Sakuma, le chef et propriétaire de ce restaurant japonais tant aimé, décida de continuer à servir les plats préférés de Jobs à la cantine d’Apple. Un dernier héritage, profondément fidèle à l’homme qui aimait le Japon autant qu’Apple, offert à ses employés.
Le Japon aimé par les grands esprits du monde
Si je poursuis aujourd’hui JAPO, c’est parce que je souhaite que vous découvriez le véritable Japon.
ABE KENGO
Traduction: LINALE-WATAYA Julika
