Les enseignements intemporels du plus grand des samouraïs
Qui fut le plus grand samouraï de l’histoire du Japon ?
Les avis divergent, mais un nom revient immanquablement : Miyamoto Musashi.
Il aurait remporté plus de soixante combats au cours de sa vie et fondé une nouvelle école de sabre, le Niten Ichi-ryū, fondée sur l’utilisation simultanée des deux sabres.
Toute son existence fut consacrée à la maîtrise de la voie du guerrier.
Mais Musashi n’a pas seulement laissé derrière lui une réputation de combattant exceptionnel. Il a également transmis une pensée dont les enseignements peuvent encore trouver un écho dans notre monde contemporain, y compris dans celui de l’entreprise et du travail.
Voici quelques-unes de ses paroles les plus profondes.
Peut-être certaines trouveront-elles une place dans votre propre vie.
« Mille jours de pratique pour se forger, dix mille jours de pratique pour se parfaire. »
Même lorsque vous avez atteint un haut niveau, ne cédez jamais à la suffisance.
Continuez à vous entraîner, encore et encore.
La véritable force de ceux qui atteignent le sommet ne réside pas seulement dans leur talent, mais dans la discipline quotidienne qui leur permet de progresser sans relâche.
« Faire du Vide sa Voie, et voir la Voie dans le Vide. »
C’est sans doute l’une de mes phrases préférées.
La « Voie » représente ici le chemin que l’on choisit de suivre dans la vie, notre objectif.
Le « Vide », quant à lui, peut être compris comme un état d’esprit libéré des idées préconçues, un espace de liberté où les possibilités sont infinies.
Autrement dit : ne laissez pas les conventions et les certitudes limiter votre manière de penser lorsque vous définissez votre chemin.
C’est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.
« Qui atteint un principe en comprend mille autres. »
Lorsqu’on cherche à maîtriser une chose en profondeur, les connaissances et les méthodes acquises peuvent ensuite être appliquées à de nombreux autres domaines.
Même si le travail que vous exercez aujourd’hui ne vous passionne pas particulièrement, approfondissez-le.
Cherchez à en comprendre les mécanismes, les subtilités et les principes fondamentaux.
En allant au fond des choses, vous pourriez bien ouvrir des portes que vous ne soupçonniez pas encore.
« Avec une garde, mais sans garde. »
Dans les arts martiaux, tout commence par la garde.
Elle permet de se préparer à l’adversaire et de répondre à ses mouvements.
Mais lorsque le pratiquant atteint un niveau supérieur de maîtrise, sa garde ne se réduit plus à une position figée.
Cette idée peut également s’appliquer au monde de l’entreprise.
Si les habitudes et les règles de votre secteur constituent votre « garde », ne devenez pas prisonnier de ces règles.
Mais attention : cela ne signifie pas qu’il faut les ignorer.
Il faut d’abord parfaitement connaître les codes et les pratiques de son domaine avant de pouvoir s’en affranchir.
Comprenez les règles du jeu.
Puis osez imaginer ce qui se trouve au-delà.
C’est peut-être ainsi que l’on trace son propre chemin vers l’excellence.
« Le samouraï meurt pour celui qui le comprend. »
Le samouraï est prêt à risquer sa vie pour celui qui le comprend véritablement.
Aujourd’hui, cette phrase pourrait nous faire penser à ceux qui comptent le plus pour nous : notre conjoint, notre partenaire, nos amis, nos collègues ou ceux qui nous ont accordé leur confiance.
Mais jusqu’où iriez-vous pour protéger quelqu’un qui vous est cher ?
Et êtes-vous, vous aussi, prêt à être cette personne sur laquelle les autres peuvent compter ?
« Ne rien faire qui soit inutile. »
Une action qui ne sert à rien est une perte de temps.
Une question simple, mais redoutablement actuelle :
Le temps et l’argent que vous consacrez chaque jour ont-ils réellement un sens pour vous ?
Il ne s’agit évidemment pas de condamner tous les loisirs.
Boire un verre, jouer à un jeu vidéo ou simplement se détendre peut parfaitement avoir sa place dans une vie équilibrée.
Mais demandez-vous toujours ce que ces moments vous apportent.
Si vous aimez les jeux vidéo, pourquoi ne pas observer attentivement leur univers, les motivations des personnages, leurs choix et leurs conséquences ? Vous pourriez alors transformer un simple divertissement en une occasion de réfléchir à la psychologie humaine ou à vos propres décisions.
Il en va de même pour une soirée autour d’un verre.
Si elle ne consiste qu’à ressasser ses frustrations, que vous apporte-t-elle réellement ?
Mais si elle vous permet d’écouter un ami, de partager un moment avec quelqu’un qui compte ou de renforcer une relation importante, alors ce temps n’est certainement pas perdu.
En choisissant ainsi ce à quoi nous consacrons notre temps et notre argent, nous pouvons réduire ce qui est véritablement inutile — et peut-être même nous libérer de certaines préoccupations qui nous encombrent inutilement l’esprit.
Lorsque j’ai commencé JAPO, personne ne me soutenait.
Personne ne partageait mon idée.
Neuf années ont passé depuis.
Neuf années durant lesquelles j’ai essayé de supprimer autant que possible ce qui me semblait inutile pour continuer à avancer sur mon propre chemin.
Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir autour de moi des personnes qui comprennent ma démarche, ainsi qu’un certain nombre de lecteurs qui suivent mon travail.
Je ne peux pas vous dire à quel point cela me rend heureux.
Je continuerai donc à suivre ma propre voie, avec la même détermination.
Merci à toutes celles et ceux qui m’accompagnent et me soutiennent.
ABE KENGO
Traduction : LINALE-WATAYA Julika
