Le service de livraison exceptionnel du Japon et son histoire
Le commerce en ligne connaît un essor similaire au Europe, mais êtes-vous pleinement satisfaits des livraisons ?
Le Japon possède un système de livraison d’une efficacité et d’une sophistication presque hallucinantes.
Une rapidité incomparable
La vitesse de livraison au Japon est stupéfiante.
Les principales plateformes de vente en ligne sont Amazon, d’origine américaine, et Rakuten, japonaise.
La quasi-totalité des produits commandés peut arriver dès le lendemain, à l’exception des îles lointaines comme Hokkaido ou Okinawa.
Même dans les régions éloignées, la norme est que tout soit livré en moins de trois jours.
Pour atteindre ce niveau, des centres logistiques sont disséminés dans tout le pays.
Des créneaux horaires précis
Les Japonais peuvent également choisir l’heure exacte de livraison, par tranches de 2 à 3 heures.
Ainsi, le temps passé à attendre son colis est réduit au minimum.
Si personne n’est présent pour réceptionner le colis, le livreur laisse un mot avec un numéro de téléphone ou une lien pour programmer une nouvelle livraison facilement.
Il existe même des services de dépose à domicile (okihai) ou la possibilité de retirer son colis dans un convenience store (superette ouverte 24h/24) à proximité.
Avec ces options, l’achat en magasin devient presque inutile, et le quotidien s’en trouve considérablement simplifié.
L’Europe pourrait s’inspirer de ce modèle pour améliorer ses propres services de livraison.
Le Japon d’autrefois
À quoi ressemblait la livraison il y a deux cents ans ?
À l’époque des samouraïs, le système était beaucoup moins pratique.
Durant la période d’Edo, les coursiers humains, appelés hikyaku, étaient chargés de transporter les colis.
Pour les courtes distances, on utilisait les machi-hikyaku, un service local.
Mais ces livraisons étaient risquées et lentes.
Le service le moins cher coûtait environ 500 yens (aujourd’hui) et promettait une livraison en 10 jours… un engagement rarement tenu. Les colis étaient expédiés par lots vers la même destination, et 20 à 30 jours d’attente étaient fréquents. La perte de colis était courante et non remboursée.
Pour un service plus rapide, on pouvait payer environ 3 300 yens pour une livraison en six jours. En réalité, il fallait compter 9 à 10 jours.
Vers la fin de l’ère Edo, il existait un service ultra-rapide : trois jours pour livrer, mais pour la modique somme de 1 160 000 yens !
Cette formule comprenait une assurance contre la perte, mais restait exorbitante. La livraison était garantie, car le coursier se consacrait entièrement à ce colis.
Les services gouvernementaux
Au sommet de la hiérarchie, il y avait les hikyaku du gouvernement, transportant des documents cruciaux.
Pour parcourir les 500 km entre Edo (Tokyo) et Kyoto, souvent sur des chemins de montagne, le relais par plusieurs coursiers permettait de livrer en seulement 60 heures.
Un rythme et une fiabilité bien au-delà de ce que pouvaient offrir les services privés.
Aujourd’hui, le Japon dispose d’un service de livraison de niveau mondial, accessible à tous.
Si un jour l’Europe parvient à atteindre ce niveau, le quotidien des habitants en serait considérablement facilité.
ABE KENGO
